Le matin de la fête, une peintre pose ses pinceaux et s'assoit avec un panier de soucis et une longueur de fil. Elle les enfile un à un, et tandis que le jaune s'amasse sur ses genoux, elle se surprend à penser à un visage qu'elle n'a jamais fait que peindre.
Le cobalt boucle à travers l'or de ce tapis comme le fil s'enroule parmi les fleurs, croisant et recroisant, et partout où deux lignes se rejoignent, un visage regarde. Là où le bleu s'amincit, il rougit en violet, comme un pétale serré trop longtemps entre des doigts attentifs. Une guirlande est faite pour être offerte. Celle-ci n'a pas encore trouvé à qui.