Avant que le soleil ne dépasse les toits, quelqu'un, dans une rue endormie, joue chaque matin le même air lent, assez doux pour n'éveiller que la personne à qui il est destiné. À l'autre bout de la ville, une peintre et un poète remuent tous deux à ce son. Aucun ne sait que l'autre écoute.
Ce tapis retient cette heure. Son fond est le sable d'une pièce qui attend encore la lumière, et le rose et la lavande y dérivent comme l'aube à travers un rideau léger. Approchez-vous et la couleur se brise en minuscules carrés de miel, de rouille et de violet, comme une mélodie qui, tenue tout près de l'oreille, se révèle faite de notes seules.